Hi, here is Esprit de corps last post. We're just a few miles from the coast now. You'll also find a picture. 

Tristan


Nouveaux amis à bord

 

Quand la première fusée de détresse lancée au loin par un navire inconnu a illuminé le pont d’Esprit de corps IV, pour la première fois en cinq jours de course, le cap à prendre était parfaitement évident. Tout l’équipage s’est mis en mode sauvetage. Le monocoque s’est mis à filer, le moteur à plein régime, tout droit vers le bâtiment en détresse. Quatre ou cinq miles nous séparaient de la destination. Une vingtaine de minutes de route pendant lesquelles l’angoisse était à son comble. Incapables d’établir une communication radio, nous ne savions pas à quoi nous attendre. Un incendie ? Un homme à la mer ? Pire ? Puis, la voix calme de Les Crane, le skipper du Monterey, s’est fait entendre entre deux craquements de statique de la radio. Le Monterey prenait gravement de l’eau, mais ses six membres d’équipage se portaient bien. En arrivant sur les flancs du voilier en détresse, les six hommes s’apprêtaient à monter à bord du radeau de sauvetage… et à dire adieux à leur embarcation. Le Monterey a coulé quelques minutes plus tard. Mais une forte amitié a émergé de cette mésaventure. Les, Kit, Cam, Jock, Bob et James, hébergé à bord d’Esprit de corps IV depuis leur sauvetage, font maintenant pleinement partie de l’équipage, participant aux manœuvres, tenant la barre, bordant les écoutes. Avec eux, nous partageons nos couchettes, notre nourriture et nos réflexions philosophiques. Les leurs sont maintenant teintées d’un regard différent sur la vie. «C’est dans des moments hautement émotifs comme ceux-là que les relations se cristallisent. Celles-là resteront sans aucun doute solides pour toujours, remarque le skipper Gilles Barbot, qui a dirigé l’opération de sauvetage à la barre du Volvo Ocean Racer. On s’est fait des amis pour la vie. Pour moi, c’est ça le sens de cette course».

 

Bas de vignette photo : Le skipper Les Crane, à la barre d’Esprit de corps IV, aidé par son capitaine Gilles Barbot au moulin à café, au lendemain du sauvetage.

 

 

New friends on board

 

When the first orange safety flare appeared in the sky, illuminating Esprit de corps IV’s foredeck, the bearing to take was, for once, very obvious. The whole crew immediately turned to rescue mode. The monohull went straight full ahead, engine roaring, in the direction of the distressed ship. Both boats were about four or five miles apart. The first twenty minutes to destination were stressful, as we were unable to establish  radio commuication. What were we to expect ? A fire ? A man over board ? Worse ? And then, Les Crane’s calm voice cracked throught the static of the radio. Monterey was taking on lots of water, but her six crewman were okay. When we flanked her, the six men were about to board the rescue raft… and to say a last goodby to Monterey. She sank minutes later. But a very strong friendship emerged from it. Les, Kit, Cam, Jock, Bob and James, aboard Esprit de Corps IV since the rescue, are now an integral part of its crew. They participate with the manoeuvers, take the helm,  and grind our sails. With them, we share our bunk beds, our food, and lots of philosophical refelxions. There views are now tainted by a new way of seeing life. «It’s in the highly emotional moments like these that relationships tend to crystallize. These new friendships will definitely remain strong, for a very long time», says skipper Gille Barbot, who oversaw the rescue opration at the helm of the Volvo Ocean Racer. «We made friends for life and or me, this is the only meaning of this whole race».   

 

Picture legend : Les Crane, skipper of the lost Monterey, at the helm of Esprit de Corps IV, helped by skipper Gilles Barbot on the grinder, the day after the rescue.

-30-